Les années passent, mais ne se ressemblent pas. L’année 2011 n’est pas la même que 2006. Ces deux années signifient quelque chose pour les congolais. Premières élections démocratiques en 2006, le doublé intervient donc après cinq ans comme prévu par la constitution du 18 février 2006. Cependant, les choses ne sont pas les mêmes entre ces deux scrutins.
En 2006, les élections, considérées comme une prise de contact avec le jeu démocratique, ont connu le boycotte de certains partis politiques comme l’Union pour la Démocratie et le Progrès Social (UDPS). Etienne Tshisekedi, président de cette formation politique avait claqué la porte du fait de plusieurs manigances entretenues pour l’écarter du gouvernement 1+4 qui a dirigé la transition et amené le pays à ces premières élections historiques. En 2011, l’UDPS est tout feu, tout flamme. La fille aînée de l’opposition est venue changer le fil des évènements pour ainsi récupérer sa place de grand parti politique du pays.
Autre différence, c’est le nombre des candidats à la présidentielle. 33 candidats présidentiables en 2006, en 2011, on en dénombre que cinq ou six. Djamba, Etienne Tshisekedi, Nzanga Mobutu, Vital Kamerhe, ont déjà mis à nue leurs ambitions. Kengo wa Ndondo, Joseph Kabila et autres sont encore attendus sur la sellette. Le Bureau de Réception et de Traitement des Candidatures (BRTC) de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) n’enregistrera pas plus de trente candidats étant donné que le dernier jour des dépôts des candidatures est fixé au 11 septembre 2011.
Si en 2006, les élections se sont passées sous un climat quelque peu conflictuel avec peu d’actes d’intolérance politique, 2011 gît dans une écologie que d’autres personnes appelleraient « Le temps du printemps arabe ». Les élections du 28 novembre se passeraient sous un ton haussé entre les camps au pouvoir et de l’opposition. La crainte des congolais aujourd’hui est de voir l’après élections « s’ivoiriser », c’est-à-dire sombrer dans la violence comme ce fut en Côte-d’Ivoire.
2011 vient effacer la page de 2006 restée longtemps encline dans les esprits des congolais. Pour la population congolaise, le voeu est de voir les politiciens se servir des erreurs du passé enfin de préparer le présent et de construire l’avenir de la nation. Le 28 novembre 2011, le peuple congolais est invité à décider de son avenir. Le choix est difficile donc surtout que chaque candidat a bien mûri son discours pour doper, à sa guise, les motivations des électeurs sur le vote. Wait and see disent les anglais.
Ricky KAPIAMBA


